Focus sur l’Afrique en ce qui concerne la question de l’immigration

29 novembre 2018

Chapeau : Focus sur l'Afrique en ce qui concerne la question de l’immigration

Schéma de financement : 2018-11-29

Amorce :

« Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays » affirme la Déclaration universelle des droits de l’homme, article 13. Mais aujourd’hui, ce droit fondamental semble être en jeu en Europe, surtout lorsque l’on considère les questions d’immigration. Alors, comment l’UE répond-elle à ce défi ? Quelles sont les solutions proposées ?

Texte :

Une des options pourrait être d’investir en Afrique. Selon Theo Francken, secrétaire d’Etat belge à l’asile et l’immigration, l’argent dépensé par l’Union européenne devrait servir à stimuler la croissance et l’emploi afin d’augmenter le pouvoir d’achat des populations africaines. L’UE devrait également financer des projets visant à faire respecter l’État de droit et soutenir les banques d’investissement qui accordent des microcrédits. On peut citer par exemple le Programme de Microfinance UE/ACP qui offre des sources de financement dans les pays ACP.

Une deuxième option consisterait à développer les compétences des Africains. Selon Michael Clemens, co-directeur des migrations, des déplacements et de la politique humanitaire au Centre pour le développement mondial, l’Europe devrait développer les compétences des Africains afin de les préparer à émigrer en Europe. Ces programmes sont principalement mis en œuvre par l’intermédiaire du Conseil de la Banque de développement – Aide aux réfugiés, aux migrants et aux personnes déplacées. Selon Clemens, l’immigration ne peut être évitée, donc mieux vaut avoir des migrants qualifiés qui peuvent contribuer au développement de l’Europe. On pourrait également citer le Réseau thématique sur les migrants, une plate-forme européenne visant à renforcer la coopération transnationale sur la question de l’intégration des migrants et des réfugiés, qui fait partie du Fonds social européen.

Un troisième serait de créer un plan Marshall pour l’Afrique. Selon Mattias Tesfaye, porte-parole des sociaux-démocrates danois pour l’immigration et l’intégration, il est normal que dans un monde où l’inégalité prévaut, les gens recherchent une vie meilleure ailleurs. Avec la mondialisation, ce phénomène s’accentue. Il suggère donc la création d’un plan Marshall pour l’Afrique, qui, comme le plan Marshall initial, consisterait en un programme de prêts accordés à divers États africains afin de les aider à se développer. Ces prêts seraient subordonnés à la condition d’importer une quantité équivalente d’équipements et de produits européens. Ce type de programme nous rappelle celui de l’Afrique du Sud par l’intermédiaire de la Banque européenne d’investissement – Financement de la République d’Afrique du Sud.

 

Une dernière option serait de résoudre les conflits au Moyen-Orient. Selon Pawel Adamowicz, maire de Gdansk, en Pologne, la décision de l’Europe de payer la Turquie pour garder les réfugiés syriens est une stratégie à court terme et répéter cette méthode en Afrique ne réglera pas le problème de l’immigration. L’Europe doit au contraire faire face aux véritables causes de la migration en résolvant les conflits au Moyen-Orient. Cela s’est fait à travers le concept de  » résilience « , l’une des premières priorités de l’UE dans ses relations avec ses voisins, principal objectif des années 2018-2020.

 

 

Il semble que l’Europe dispose de nombreux moyens pour relever le défi de l’immigration. Investir, développer les compétences, créer de nouveaux outils financiers… La solution pourrait consister non pas seulement à distribuer de l’argent mais à le faire de manière efficace. La question est donc de savoir comment ce défi se traduira dans la prochaine période de programmation 2021-2027.