Investissements chinois : quel impact sur l’Union européenne ?

21 novembre 2018

Chapeau :

Investissements chinois : quel impact sur l'Union européenne ?

Schéma de financement : 2018-11-21

Amorce :

Depuis les élections de Donald Trump, l’Union européenne espère voir en la Chine un partenaire qui pourrait aider à maintenir l’ordre mondial. Mais lentement, l’Europe perd espoir. Ignorant à la fois les valeurs européennes et des principes tels que la réciprocité, les investissements chinois causent des problèmes aux Etats membres européens qui sont néanmoins contraints de fermer les yeux sur leurs valeurs européennes. Pire encore, les investissements chinois créent la discorde entre les États membres de l’UE, ce qui ralentit la création d’une législation et d’une stratégie communes envers la Chine. La Chine semble bénéficier de ces divisions ainsi que de la montée des dirigeants populistes, qui semblent ouvrir leurs portes aux investissements chinois.

Texte :

Investissements chinois : quels inconvénients?

L’un des premiers inconvénients des investissements chinois en Europe est le manque de réciprocité : alors que les investisseurs chinois jouissent des mêmes droits que les entreprises européennes, les investissements européens sont limités en Chine par des restrictions à l’entrée sur le marché mais aussi par des discriminations formelles et informelles après l’entrée sur le marché.

Un autre problème est le non engagement de la Chine à respecter les valeurs et les normes européennes. Le développement durable, les droits de l’Homme, l’État de droit et les relations avec Taiwan sont autant de causes qui font réfléchir les Européens avant de s’ouvrir aux investissements chinois.

Enfin, l’acquisition d’actifs à l’étranger permettrait à la Chine d’acquérir des technologies, du savoir-faire et des compétences qui menacent des secteurs européens (tels que l’industrie automobile, la technologie, le développement, l’innovation) et son statut de région parmi les plus innovantes du monde.

 

La position de faiblesse de l’Europe crée des divisions entre les Etats membres

 

Les Etats membres européens sont contraints d’accepter les investissements chinois et de fermer les yeux sur leurs valeurs européennes. Des États comme l’Allemagne et le Royaume-Uni parce qu’ils veulent maintenir leur accès au marché chinois et des États comme la Grèce, le Portugal et l’Espagne parce qu’ils dépendent financièrement des investissements chinois.

 

Malgré cela, les investissements chinois créent des divisions entre les États qui ne s’entendent pas sur la législation à adopter. L’Allemagne, par exemple, considère le Portugal comme un pays qui pourrait bloquer une législation qui désavantagerait la Chine. Selon le Portugal, c’est parce que Berlin a refusé les transferts fiscaux au sein de l’UE qu’ils dépendent des investissements chinois.

 

Le populisme facilite-t-il les investissements chinois ?

 

Si le populisme continue à se répandre dans toute l’Europe, les investissements chinois devraient se poursuivre. C’est le cas en République tchèque par exemple. Avant 2013, le pays était très strict en ce qui concerne les investissements chinois. Mais avec l’arrivée de Milos Zeman, les choses ont radicalement changé et un partenariat stratégique a été signé avec la Chine qui a promis en retour d’investir des milliards dans le pays.

 

La République tchèque n’est pas la seule à ouvrir ses portes à la Chine, le populiste belge Bart de Wever et le leader hongrois Viktor Orban semblent être d’accord avec la stratégie chinoise.

 

 

 

Entre « l’Amérique d’abord » et une Russie agitée, la position de l’Europe vis-à-vis de la Chine est délicate. D’une part, l’Europe dépend des investissements chinois, d’autre part, l’Europe refuse de laisser ses technologies et ses valeurs aux mains de la deuxième économie mondiale. Néanmoins, il semble que le « destin manifeste » européen échouera cette fois-ci, créant de plus en plus de chaos parmi les Etats membres s’ils ne s’accordent pas sur une stratégie commune pour la Chine.