Zoom sur le plan Juncker

7 mai 2015

Chapeau : Zoom sur le plan Juncker

Schéma de financement : 2015-05-07

Amorce :

Récemment, le Parlement européen a adopté sa position sur le Fonds Européen d’Investissements Stratégiques (FEIS), et a entamé les négociations avec le Conseil. Etat des lieux du Plan d’Investissement pour l’Europe, visant à redynamiser la croissance atone de l’UE.

Texte :

Un plan de 315 milliards d’euros

Le Plan d’Investissement pour l’Europe, plus communément appelé Plan Juncker, repose sur le Fonds Européen d’Investissements Stratégiques, qui sera géré par la Banque Européenne d’Investissement (BEI). Il permettra à la BEI de financer des projets plus risqués qu’à l’accoutumée, conduisant ainsi à 315 milliards d’euros d’investissements supplémentaires sur la période 2015-2017. Malgré cette prise de risque plus élevée, la BEI ne perdra pas sa note AAA lui permettant d’emprunter à des taux faibles, comme l’a affirmé son Vice-président Jonathan Taylor.

Comment ces fonds seront-ils mobilisés ?

Le FEIS est établi grâce à une garantie de l’Union européenne à hauteur de 16 milliards d’euros, ainsi que de 5 Milliards d’euros provenant de la Banque Européen d’Investissement, auxquels peuvent s’ajouter des cofinancements provenant d’autres investisseurs publics, comme les banques publiques notamment. La Commission a annoncé qu’elle adoptera une attitude positive dans le cadre du pacte de stabilité et de croissance concernant les contributions de ce type.

La Commission a estimé que le plan générerait un effet multiplicateur de 15, qui s’explique de la façon suivante : un euro de dotation du FEIS permettra à la BEI d’emprunter trois euros pour un projet donné, soit environ 63 milliards d’euros au total. Ces investissements attireront ensuite des investisseurs privés à hauteur de 5 euros pour chaque euro investi par la BEI. Ainsi, les investissements finaux atteindront 315 milliards d’euros selon les prévisions de la Commission européenne, se basant sur l’expérience de programmes précédents de l’UE et de la BEI.

Pour quels projets ?

Ces 315 milliards d’euros seront répartis comme suit :
– 240 milliards d’euros seront destinés à des investissements stratégiques d’envergure européenne dans les domaines de l’énergie, du transport, du numérique, du haut débit, de l’éducation, de la recherche et de l’innovation.
– 75 milliards d’euros seront destinés au soutien des PME et des entreprises à moyenne capitalisation.

Un comité d’expert mis en place par la BEI et la Commission européenne est chargé d’examiner les projets parmi des listes soumises par les Etats-membres, et de sélectionner les projets in fine. Cette sélection ne sera soumise à aucun quota géographique.

Un lancement prévu pour le second semestre 2015

Le mercredi 22 Avril, la Banque Européenne d’Investissement a approuvé les quatre premiers projets qui bénéficieront du plan, sans attendre les résultats des négociations entre le Parlement et le Conseil. 300 millions d’euros qui devraient générer 850 millions d’investissements seront donc prêtés aux projets suivants : un centre de recherche médical en Espagne, l’agrandissement de l’aéroport de Dubrovnik en Croatie, la construction de 14 nouveaux centres de soins de santé en Irlande, et enfin les activités innovantes d’une PME italienne dans le domaine de l’acier.

Six Etats ont d’ores et déjà promis d’apporter leur soutien au FEIS via leurs banques nationales, comme l’Italie, la France ou plus récemment la Pologne, qui devraient chacun apporter 8 milliards d’euros supplémentaires.

Un accord entre les deux co-législateurs de l’Union européenne est attendu d’ici au mois de Juin, afin que le Plan Juncker soit pleinement opérationnel à la mi-2015, comme cela était prévu par le Président de la Commission européenne. En cas de succès, Jean-Claude Juncker a annoncé que le plan serait reconduit sur la période 2018-2020.